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Marathon du Mans 2011, dimanche 23 octobre 2011
Sophie DUVERNAY
La préparation marathon, c’est déjà en soi une course de longue haleine où il faut mon
ter en puissance régulièrement et progressivement pour pouvoir prétendre atteindre son objectif. Le mien c’est moins de trois heures et si en plus il y a la victoire en prime, je ne dirai pas non !
Depuis le marathon de Dunkerque et mes 3h03’30’’, je n’avais pas pu recourir de marathon faute d’opportunité dans mon emploi du temps professionnel. Ne souhaitant pas en rester là, j’étais donc à l’affût d’une opportunité de reprogrammer un marathon. Elle se présente fin juillet 2011 pour un marathon d’autonome, ce sera Le Mans. Ma préparation s’est déroulée en 3 temps : une reprise de 2 semaines spécifiques marathon ponctuées par un test sur 10 km (27 Août) à St André sur vieux jonc, petit village dans l’AIN, objectif 38’00. Une grosse phase de travail de 4 semaines sanctionnées par le semi-marathon du Lion de Belfort au cours du dernier week-end de septembre. Consignes : 18 km en spé et une accélération progressive dans le final. Et la troisième phase constituée par l’affûtage et la récupération.
1. première phase.
L’objectif de 38’ sur le 10 km ponctuant cette première phase me semblait un peu ambitieux mais bon, les consignes étaient claires : 8km en 3’50 et les derniers en accélérant. Le parcours était constitué de 2 boucles de 1km puis 2 boucles de 4 km où étaient situées 3 bosses dont une sévère (100 m de D+ au total). Dès le départ, j’ai de bonnes sensations qui sont confirmées par le chrono, je dois ralentir pour respecter la consigne. Les 3 premières boucles sont avalées sans que je m’en rende compte. Je sais que je suis sur le bon tempo sans m’employer. Les 4 derniers kilos se font en toute sérénité et je m’applique tout particulièrement dans la dernière bosse pour ne pas perdre de temps et bien relancer après pour les deux derniers kilos. Je souffre un peu mais au final, 38’09, une réelle réussite compte tenu des difficultés. Si j’avais des doutes sur ma vitesse et ma résistance, je n’en n’ai plus. Ma préparation n’aura pas besoin d’inclure trop de vitesse et de résistance car je les ai dès le début, il faut juste les entretenir. Ca part bien cette préparation !!
Après ce 10 kil très prometteur, 3 jours de récup et c’est reparti dans la phase la plus dure de la préparation. Attachez vos ceintures, ça va faire mal !!!! Le travail de ces 4 semaines a été constitué par une combinaison de kilométrage et de spécifique. Une moyenne de 100 km par semaine avec 3 séances phares : 1 de spé, 1 de résistance, 1 de VMA. Je suis très satisfaite de ces quatre semaines. Les entrainements sont bien passés, j’ai fait attention à faire mes footing de récupération à moins de 150 puls/min, ce qui n’est pas une mince affaire quand on se sent bien. Mais j’ai tenu bon et donc je fonde de grands espoirs pour le semi qui doit conclure ces quatre semaines de travail.
Et voilà, c’est fait !!! et pas trop mal fait. Le semi du LION s’est couru le dimanche 23 septembre. Départ 14h45 (30°C au thermomètre) de Montbéliard. Première indication, ça monte presque tout le temps soit faux plat, soit bosse. A chaque fois que j’ai levé la tête c’était pour m’apercevoir que ça montait et que par conséquent les pulls un peu hautes, c’était normal !! OUF !!! Me voilà parti dans la masse avec Steph et Patrick (il prépare aussi le mans). Objectif, 4’12/km. Bon, difficile de trouver le bon tempo dans les premiers kilos car il ya beaucoup de monde. On s’extrait de la masse et on lance bien la machine, les jambes commencent à tourner sans effort, c’est cool, je me sens bien. Arrive la succession de bosses où j’ai du mal à me canaliser, j’ai peur de perdre le tempo et sans le vouloir j’accélère. Heureusement, Steph est là et me freine me rappelant que l’objectif est dans un mois. Alors, du calme. Les puls restent hautes mais le profil combiné à la température y est pour beaucoup. A 17 km de l’arrivée, j’accélère comme prévu, progressivement, euhhhh, peut-être pas tant que ça me dira Steph à l’arrivée….. Conclusion, 17 km à 4’11/km, et les 4 derniers à un peu plus de 15km/h => 1h27’30…. Objectif atteint avec des choses positives et une chose négative, il va vraiment falloir que je me canalise au départ du marathon, sinon il y aura sanction, c’est sûr !!!!!!
Les deux jours qui ont suivi, j’ai effectué deux petits footings de récup avec comme consignes moins de 140 puls/min. J’ai bien récupéré garce à la combinaison de plusieurs facteurs (bonne préparation, un semi couru dans les consignes, une boisson de récup dans l’heure qui à suivi, une grosse hydratation et chaussettes+cuissard de récupération BV Sport (le top !))
Me voilà lancée dans la dernière partie de la préparation, affutage et récupération, ce n’est pas le moment de faire des bêtises, CALME et SERENITE !!!
Après cet intermède et une semaine professionnelle chargée, j’ai quand même pu m’entrainer et j’ai effectué le dimanche ma plus longue sortie. 2h30 avec 30’ à allure marathon. Il faisait très chaud. Je suis partie avec un camelbak mais la chaleur très importante a rendu la sortie difficile notamment les 30’ à allure marathon. Résultat, petit début de tendinite à droite que je prends très au sérieux. Pommade et comprimé anti-inflammatoires après glaçage. Je vais me trainer cette tendinite jusqu’au marathon même si la douleur diminuera pendant les deux semaines de récup et d’affutage.
De toute façon, à J-1, pas question de renoncer. Dernier footing, 5 heures de transport plus tard et une récupération en gare par Pascal, nous voilà au gîte après récupération du dossard et du T-shirt L (il n’y a plus ni de S ni de M – grrrrr, pourtant j’avais mis ma taille de T-shirt sur le bulletin d’inscription !!).
Les chambres d’hôtes sont superbes et le repas sera super convivial avec en plus une diététique de l’effort… enfin presque pour tout le monde J !! En tout cas les 4 AVENTURIERS que nous sommes, sont détendus et prêts à livrer bataille. Euhhhhh ça ne se voit peut-être pas trop sur la photo !!! J
Jour J, H-3h30, petit déjeuner pris entre deux baillements, composé d’un thé et d’un gateau sport overstim coco. Ca va, j’ai bien dormi et c’est avec appréhension mais dans la gaité que nous partons pour le circuit des 24h du Mans à 7h15. Patrick, bout en train, nous met à fond dans la voiture la chanson « We are the champions », idée de nous remonter comme des pendules. Et ça marche !!!!!!
Il fait environ 10 degrés et on en profite pour tater un peu le terrain avant de renter dans la phase d’échauffement. Sympa d’être là !! Le parcours est annoncé comme étant rapide est doté d’un revêtement bitume de qualité. Ce sera un aller retour départ et arrivée sur le circuit du mans après une grimpette au sommet sur le DUNLOP à la fin du marathon.
4. quatrième phase : la compet !
Le départ est retardé de 15’ car ça bouchonne à l’entrée du circuit. Je m’échauffe tant bien que mal et nous nous rendons sur la ligne de départ. Stéphane qui m’accompagne, et qui sera mon lièvre perso (oui j’ai beaucoup de chance) dispose de la seule montre. Il ne me donnera aucun temps, je lui fait entièrement confiance pour le tempo. Objectif 4’10 au kilo !
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Coup de pistolet, c’est parti légèrement en descente, je me sens bien, pas de douleur au genou. Nous partons avec le ballon des trois heures. Il est sur un tempo plus rapide que 3h mais qui nous convient compte tenu de notre objectif. Au 7ème, il ralentit et nous partons accompagnés du « vélo, 1ère femme Marathon ». J’en profite ici pour le remercier, il a été super pendant toute la course et je ne l’ai pas vu à l’arrivée.
Les kilomètres passent assez vite jusqu’au 16ème, je trouve un peu plus long d’atteindre le semi, je suis impatiente de basuler. Voilà c’est fait, j’ai une première indication chronométrique mais le plot doit être mal placé car le semi en 1h25’53 je n’y crois pas trop, mais on ne doit pas être loin donc estimé entre 1h27 et 1h28.
Sur le retour, il y a un peu plus de vent, Steph me protège super bien. Nous croisons Pascal et Patrick qui semblent bien et qui m’imforment que la deuxième féminine est loin. De ce côté-là, je devrais être tranquille. On croise « Le loup » (un kikoureur) sur un aller retour au 30ème , petit coucou pour s’encourager !!!.
Dans le même temps vers le 32, les choses ce compliquent. J’ai les quadriceps droits et les ischio-jambiers qui sont durs comme du béton. Je n’arrive pas à me relâcher. En passant au 32, je suis certaine que je n’arriverai plus à me décontracter, mon marathon commence ! malgré la douleur, les kilomètres passent toujours à intervalle régulier. J’appréhendais la partie en chemin que nous avions eu à l’aller, j’avais raison, je me bats pour maintenir l’allure mais les appuis au sol sont moins dynamiques.
Sortie de cette zone maudite, il reste 6 bornes, je serre les dents. La douleur est importante et j’hyperventile. Le point de côté est proche mais en me concentrant j’arrive à contrôler ma respiration (mise en aplication des conseils du ô combien expérimenté Lulu dit « le coach »).
2000 m, la fin est proche pour la course et pour moi. Je dois avoir une lumière rouge qui clignote dans le fond de mon œil, vous voyez ce que je veux dire ?
Arrive la difficulté du parcours, il faut enchainer deux montées, qui me semblent un double Everest, pour atteindre le DUNLOP et entamer la descente sur l’arrivée. Je serre les dents (elles ont bien été usées par cette course), et pour la première fois je demande à Steph si je dois m’arracher pour faire moins de 2h56 (synonyme de classement N3). Il m’annonce que oui, et que nous pouvons envisager moins de 2h55. Je n’en peux plus mais le mental et le gel que j’ai pris à 4 km de l’arrivée me permettent de batailler.
Je monte la dernière bosse à bloc (8 ou 9 km /h L, et oui je suis au taquet !!) mais après le sprint en descente jusqu’à l’arrivée est exceptionnel….. je vois le chrono qui s’égrène seconde après seconde, ligne franchie, cris de joie, 2h54’45’’, je m’écroule…
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Interviews, remerciements (Steph, Lucien, Agnès, tous les copains ….), je tombe dans les bras de Steph, nous attendons Pascal et Patrick qui arrivent respectivement en 3h11 et 3h25. J’ai un peu de mal à marcher mais quelles sensations !!!
Un petit tour en prime sur le podium des 24 H du Mans et le mythe est complet !
La Grande Course des Templiers, Millau (12)
Dimanche 23 Octobre 2011 - Antoine ALLONGUE
Dimanche 23 octobre. C'est LE dimanche matin de l'année sportive. Pas pour la finale de la coupe du monde de Rugby mais bien pour la Grande course des Templiers. L'incontournable rendez-vous du Trail Francais. Mes retrouvailles avec Millau sur les bords du Tarn pour redécouvrir une seconde fois les quatre coins du Causse noir à 165 pulsations de moyenne. Déjà, l'arrivée m'est familière puisque avec Emilie, nous rejoignons mon frère Romain et les copains Fred et Greg, venus la veille, tenir le stand de notre Trail des Maures sur le salon du festival de l'endurance. Mon dossard 21 rapidement récupéré, je rentre à l’hôtel " faire le métier" jusqu'au bout: sieste et footing d'avant course, couché à 22h, Gatosport à 4h30. Tout est ok !!
C’est encore la nuit, l’air est frais mais la tempèrature est bien remontée à 10°c depuis la veille. Les conditions sont idéales. A 6h15, l'attente du départ sous l'arche Adidas est joyeuse : sourires, clins d'oeil, derniers encouragements et inspirations profondes. Tout les gars sont heureux d'être là, au départ de ce "championnat de France" officieux. Les voyants sont aux verts et on attend les fumées rouges. Comme le dit si bien l'organisateur Gilles Bertrand " ce matin le ciel est chargé...chargé d'émotions. Il s'agit désormais de prendre du plaisir et de courir en pensant à ceux qu'on aime "Ambiance mythique sous les fumigènes et les airs d'Era.
Départ dans 10 secondes 9,8,7...3,2,1: Ameno !!
Le peloton des favoris adopte très vite une allure d'échauffement "actif" pendant les trois premiers kilomètres de bitume qui nous amènent à la première montée de Carbassas. La rampe s'avale rapidement mais facilement. Juste assez pour se jauger et voir si on est dans le coup. 193 puls, pas d'essoufflement. Le tempo est bon !!
Pour ma part, je vais essayer d'alterner les phases d'allures soutenues et de recherche d'attitudes de fraicheur en m'alimentant régulièrement et en temporisant pour rester en embuscade des meilleurs. Je pense aussi que la production d'adrénaline et d'endorphines n'est jamais aussi forte que lorsque l'on joue les premiers rôles. C’est vraiment ce que j’ai envie d’essayer !!
Une première montée régulière en alternant course sur les pointes de pied et marche rapide avec guillaume Lenormand, Bonnel et Pommeret. Guillaume est revenu à ma hauteur en commençant à plaisanter "Mais c'est pas mon ami Antoine qu'est là ? Alors comment tu vas ?" Je réponds mais je coupe court à la discussion pour éviter le point de côté.
Tout le monde en file indienne dans le raidard. Les premiers sont seulement à 100m. J'ai des super jambes: léger, puissant. Je bascule avec tout le monde. Sans le vouloir, nous revenons presque inexorablement sur le peloton de tête qui court à 15-16 km/h. Je me pose des questions: laisse toi décrocher, laisse filer, ne les lâche pas, alimente toi, qui est là, combien on est ? Magnifiques images de nos frontales regroupées en un peloton compact pour traverser la nuit calme du Causse noir. La poussière se décolle du sol. Une véritable horde sauvage et j'en fais encore parti pendant les deux premières heures.
Je relâche dans la descente vers Peyreleau pour ne pas me "flinguer" les cuisses tout de suite. Je lâche 2mn sur les premiers. Je rentre dans le village à travers la foule repartie de part et d'autre de la route. Ambiance de tour de France au lever du jour... Aaahh !! On est bien là !!
Ravito express, 26e dans le peloton et je récupère mes bâtons et un porte gourde simple que me tendent Emilie et Romain. Je repars avec Lecoq, devant Jorro, Laget et De Paepe qui me recollent rapidement. Je perds bien 5-6 places dans la montée mais reprend Pascal Giguet avant le plateau. Ce départ rapide fait déjà des victimes mais je me sens bien et croit en un jour "avec" malgré ma prise de risque.
Les premiers passages techniques finissent l'échauffement des adducteurs: marches, racines, rochers. Je plante haut les bâtons et me hisse en cadence. Je monte au train avec Bastien Bravais. On se souvient que l'an dernier, on avait deja fait ce tronçon ensemble. Je me dois quand même de temporiser sur le replat pour ne pas exploser en vol et après un chassé-croisé on adopte enfin une allure commune idéale. Les écarts augmentent devant mais personne ne revient de l'arrière car on avait presque 7mn d'avance sur nos poursuivants à Peyreleau.
Au deuxième ravito (km 36) Emilie et Romain m'encouragent en m'apercevant de loin. Ils sont excités et me donnent une énergie supplémentaire. Ils ont réussi à arriver à temps au hameau de Saint André de Vezinnes (Pass Team manager et course rallye sur les petites routes oblige dixit le frérot ;-) .
C’est un luxe psychologique que de penser à retrouver les siens dans les phases d'euphorie comme dans les moments difficiles. Sans même m'arrêter au ravito , je relance et reviens d'abord sur Alexis Traub du Team Scott. On va faire un bon bout de chemin ensemble, je fais les descentes devant et Alexis les montées. Sur les crêtes, le sentier nous fais longer la falaise et passer au-dessus des vautours qui guettent et attendent la défaillance.
Dans la descente, nous revenons sur Assailly puis juste avant la Roque Sainte marguerite, c'est Clavery qui nous encourage sur le bord du sentier. Il vient d'abandonner. Plus loin, dans la montée en sous bois de Pierrefiche, je reprends mes potes Guillaume Lenormand et Romu DePaepe qui marquent le pas. Dur à gérer cette sensation d’avoir fait un départ trop rapide mais de tenir plus longtemps que les meilleurs. «Ralentis, privilégie tes bras !! ».
Je bénis l'idée d'avoir pris mes bâtons. Première frayeur: je suis à sec et je vais courir 4km sans eau. Je me sens costaud, léger mais sans eau. Je suis 25e au ravito de Pierrefiche (km 51) et je suis à 2-3' de trois gars dont le Breton Lecoq. Emilie me sourit et m’encourage et Romain cours avec moi. Je suis dans ma course. Je prends mon sac mais ça change pas mal la donne d'avoir 1 litre sur le dos. Je décide alors de commencer à temporiser même si j'annonce le top 20 à mon frère. Petit flambeur que je suis !! Je me sens bien mais j’ai le pas lourd. C'est aussi le signe d'un début d'hypoglycémie.
Je gère tant bien que mal car ça commence à piquer mais je cours avec Michel Laurent (7ème a Besançon) et c'est un peu normal de commencer à avoir mal aux jambes. Après la redescente sur la Dourbie, la championne du monde, Maud Gobert, impressionnante de facilité me passe en trombe et me chambre " bah alors, t'es pas parti un peu vite toi ?". Elle me fais douter un peu mais je m'accroche et reviens quand même sur Laget et Chartoire qui marche. Je ne suis pas le seul à faiblir, accroche toi.
L'organisation nous a préparé une surprise cette année : une passerelle de planches posée sur des kayaks nous permet de passer la Dourbie. Juste après la traversée, j'aperçois Chartoire qui revient avec deux autres gars, il faut en remettre un coup pour passer seul la Montée de la Mona. J'hallucine sur la densité de coureurs à ce niveau de la course au km 60 après 6h de course. Dernière grosse montée et je donne tout mais c'est sans compter une belle fringale sur le haut du plateau.
A trop me concentrer sur mon allure, j'ai oublié de m'alimenter. Hypo…à l'arrêt, je marche, la traversée de la forêt est longue et les minutes s’égrènent. Je prends un gel puis un autre mais je n’arrive plus à courir. Je m'en veux mais je sais aussi que je paye mes couteux efforts matinaux. Je m'arrête dans la bergerie de la Cade et me pose pour boire du coca. J'en profite un peu pour m'imprégner du lieu. Une vieille bergerie en pierre, des poutres au plafond et de nombreux bénévoles qui ne disent rien. On rentre d'un côté et on sort de l'autre comme les brebis du coin. A la sortie Bastien Bravais me remotive. Il a bâché mais me pousse à terminer. Surement au même moment, l’anglais Andrex Sydmons gagne la course. Il devance les vainqueurs des quatre dernières éditions, Thomas Lorblanchet et Thierry Breuil qui a eu le temps d’enfiler une tenue de Templiers
Les huit derniers kilomètres sont très engagés. Haroutel, Mercereau et Lenormand seront les derniers à me reprendre. Je me refais bien dans les éboulis et mon frère venu à ma rencontre depuis l'arrivée m'encourage et courre ou plutôt escalade derrière nous. Il reste un dernier mur qui nous fait passer dans une brèche de la falaise vers l'antenne et le Pouncho d'agast. Je m'accroche derrière Guillaume.
Finalement on terminera la course ensemble comme on l'a commencé. Et c'est, sans aucun doute, l’aventure humaine qui viendra effacer ma frustration. Après la grotte du hibou, on se régale tous les deux à dévaler les singles réunionnais. L’arrivée et le village des Templiers se présente à nous sous la clameur du public et franchissons la ligne main dans la main avec Guillaume.
Au final, je finis 38eme en 8h02 après être passé par pas mal d’états.
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Déçu d'avoir raté cette fin de course et l'occasion d'un top 20 mais très heureux d'avoir vécu une belle course à la bagarre et d’être allé jusqu'au bout. Je garde en souvenir de belles images du Causse d’abord rouge, puis noir puis coloré par les lumières d’automne et toutes les émotions vécues pendant ces huit heures. C’est vraiment pour vivre des journées comme celle là que je m’entraîne et je repars chargé en motivation pour passer un rude et studieux hiver et revenir chercher mon graal en 2012.
Antoine